Changement de psychotropes? Polymédicamentation


Docteur, papa a 83 ans et vit en maison de retraite. Son médecin vient de modifier son traitement...traitement qu’il prenait depuis des années et qui semblait bien lui convenir . Notamment du XXXX (benzodiazépine  pour dormir, ainsi qu’un vasodilatateur. Il a arrêté le dernier et prescrit un anti dépresseur à la place de XXXX.

 

 

Bonjour,


En aucun cas je ne pourrais faire un commentaire sur la prise en charge de votre médecin, qui est le seul à juger des avantages - bénéfices/désavantages des traitements qu’il prescrit.


D’une manière générale il faut savoir :

 


- Avec l’âge, les fonctions rénales, hépatiques, cérébrales, motrices peuvent inciter les médecins à faire des modifications.

 

De façon non exhaustive je citerai quelques motivations médicales aux changements éventuels :

 

-risques de chutes avec certains médicaments, notamment certains calmants qui restent longtemps dans le sang ( on parle de demi vie longue ),

 

-risque d’interactions médicamenteuses notamment avec d’autres traitements importants à visée cardio vasculaire,

 

-risque d’augmentation de troubles neurologiques ( mémoire, mobilité avec syndrome pseudo parkinsonien ), etc…


-Certaines formes d 'insomnie, et ou de baisse d'énergie et ou de baisse de la mémoire peuvent provenir d'un état dépressif.



 


 

Par ailleurs il est indéniable que comparativement aux autres pays européen, la consommation de benzodiazépines reste importante (risque de dépendance, accoutumance, troubles mémoires, chutes etc..), alors que la consommation d’antidépresseurs semble moins importante et parfois dans certains cas sous utilisés (mais ne généralisons pas, chaque patient a ses spécificités, et seul le médecin traitant peut juger).


Faites confiance à votre médecin. Les données scientifiques médicales évoluent et ce qui était vrai et légitime il y a quelques années peut être révisé ce jour


De même l’organisme du patient évolue lui aussi, et qui était vrai et légitime il y a quelques années peut être révisé ce jour par le médecin et les connaissances qu’il a de son patient.

 

 

 

 

 

Quelques chiffres issus du « Rapport sur le bon usage des médicaments psychotropes » par Mme Maryvonne Briot– 22 juin 2006.

 


Une personne sur quatre consomme au moins une fois par an des médicaments psychotropes.


Une personne sur dix en consomme régulièrement (plus de trois mois).


Les anxiolytiques et les hypnotiques (benzodiazépines) sont parmi les médicaments les


plus consommés en France. 15 à 20% des Français en consomment ponctuellement, 10%

régulièrement.


Les antidépresseurs arrivent en seconde position parmi les médicaments psychotropes

: 10% en consomment au moins une fois par an, 5% régulièrement.


Les trois quarts des usagers des benzodiazépines ont une consommation supérieure à six mois, ce qui est très au-delà des recommandations actuelles.


En revanche, les traitements à base d’antidépresseurs seraient souvent arrêtés trop tôt ?

 

 

 

 


 

Ce ne sont que des chiffres statistiques, qu’il faut intégrer mais, le cas par cas, et le patient concerné dans sa globalité et avec ses spécificités restent l’unique mode de raisonnement du médecin qui soigne son patient.

 

Cordialement

 

 

 

 

 

Dr Frédéric Dussauze. Omnipraticien. 14562

 

Références :

 


-Haute Autorité de la Santé


-Ces données sont issues du « Rapport sur le bon usage des médicaments psychotropes » par Mme

Maryvonne Briot, députée, fait au nom de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé,

n°422 (2005-2006) – 22 juin 2006. Téléchargeablesur www.assemblee-nationale.fr

 

Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée.  

 

Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

Pour plus d'information sur ce(s) médicament(s), nous vous recommandons de consulter le site de l'AFSSAPS www.afssaps.fr

 


 

Conflits d’intérêts : L’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

 


  • OMNIPRATICIEN
    Dr Amaury Benhenda
    N° inscription :
    CO 59, n° 21529
  • Médecine Générale
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    N° inscription :
    RPPS : 10002461803
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    DEA de pharmacologie RPPS 10004404256
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    N° inscription :
    CO 94, N° 14253
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    CO 94, N°10335