La gazette

Personne âgée dépendante – Prévention des chutes

Aide à la prise en charge d’une personne âgée dépendante – Prévention des chutes86529486

La chute est, pour la personne âgée, souvent vécue comme le début de l’horreur. Le scénario est archi connu tellement il se répète ; je vous le conte en quelques mots : Une personne âgée de 85 ans, appelons-là Marie, vit tranquillement chez elle ; son médecin traitant vient la voir régulièrement ; les enfants passent tous les jours ; il y a aussi l’auxiliaire de vie qui vient aider à faire la toilette ; le service de livraison des repas à domicile lui apporte son plateau repas ; le kinésithérapeute vient l’accompagner pour faire sa promenade ; la nuit est un peu difficile car elle se retrouve seule ; bien sûr, il y a l’alarme qu’elle a toujours sur elle au cas où… !

Et puis, un jour, Marie a commencé à ressentir des troubles d’équilibre en se levant de son lit ; sur le coup elle n’en a parlé à personne ; simplement lorsque son médecin traitant est venu pour sa visite hebdomadaire, a-t-elle fait une petite allusion à des vertiges ce qui lui a valu d’avoir un médicament supplémentaire sur son ordonnance. Et puis, un matin de bonne heure, alors qu’elle s’était levée pour aller uriner, le trouble a été un peu plus fort et Marie s’est retrouvée à terre sans possibilité pour se relever. Elle a bien essayé de ramper sur le tapis mais la douleur dans la hanche était vive et il a fallu qu’elle attende l’arrivée de l’auxiliaire de vie qui l’a aidé à se remettre sur ses pieds. Marie a bien boité mais elle s’est dit que c’était normal et qu’elle irait mieux demain. Et puis, le lendemain, bien que la douleur ne soit pas trop vive, il a bien fallu qu’elle se rende compte qu’elle boitait anormalement. Sa fille l’a fâché en lui disant qu’elle appelait son docteur pour qu’il vienne immédiatement. Et c’est ainsi que Marie s’est retrouvée à l’hôpital avec une intervention chirurgicale programmée pour réparer sa fracture du col du fémur. Et puis après, on lui a fait comprendre qu’il n’était pas « raisonnable » qu’elle rentre chez elle ; les enfants lui ont trouvé une « très bonne » maison de retraite. Marie n’a rien dit ; tout juste a-t-elle pleuré en silence quand elle s’est retrouvée seule. Six mois après, Marie mourrait dans sa « très bonne » maison de retraite des suites d’une embolie pulmonaire massive. Et, pourtant, si on refaisait le film, on aurait pu prévoir tout cela et faire en sorte que Marie reste encore chez elle pour y finir sa vie dans la sérénité.

Définition – Les chutes répétées sont  très fréquentes chez les personnes âgées de 65 ans et plus : entre 10 à 25 % des sujets sont concernés. Elles surviennent le plus souvent au cours d’activités simples de la vie quotidienne telles que marcher, se lever d’une position assise, ou s’asseoir.  Près de 40 % des personnes ayant chuté se retrouvent hospitalisées.

A domicile, il y a deux possibilités : Soit la chute est sans gravité et le maintien à domicile est possible – Soit la chute a entraîné une complication (fracture, plaie profonde par exemple) et l’hospitalisation est de règle.

Comment prévenir le risque de chute pour favoriser le maintien à domicile ?

Cela suppose une conscientisation de tous ceux qui interviennent à domicile :

  • Le médecin traitant veillera à modifier la prescription des médicaments, en éliminant tout médicament associé au risque de chute et/ou si la personne est polymédicamentée ;
  • Il faudra corriger les facteurs prédisposants ou précipitants modifiables (incluant les facteurs environnementaux de risque de chute) ;
  • Le port des chaussures à talons larges et bas (2 à 3 cm), à semelles fines et fermes avec une tige remontant haut est conseillé ;
  • La pratique régulière de la marche et de toute autre activité physique est FONDAMENTALE;
  • L’apport de calcium alimentaire  doit être compris entre 1 et 1,5 gramme par jour, en association avec Vitamines D et C  (cf article du Dr Birman) ;
  • Il est possible de demander une visite du domicile par un ergonome afin d’adapter le parcours de vie avec l’utilisation d’ aide technique à la marche adaptée au trouble locomoteur identifié ;
  • Mise en place d’une rééducation à la marche de qualité : ceci est très important car on voit malheureusement trop souvent des rééducations à la marche qui ne sont que d’aimables promenades sans autre intérêt que de tenir compagnie …. au « professionnel » de santé.

(Référence : Guide des Bonnes Pratiques en Ehpad – HAS)


Auteur : Dr Bréant Alain

Conflits d’intérêts : l’auteur n’a pas transmis de conflits d’intérêts concernant les données diffusées dans cette interview ou publiées dans la référence citée. Cet article est issu d’une expérience de terrain, il existe d’autres produits, et d’autres protocoles de prise en charge.

Personne âgée dépendante – Prévention des chutes